Le cinéma, un devoir de mémoire
La catastrophe du Bois du Cazier, survenue le 8 août 1956 à Marcinelle, a profondément marqué notre région, notre pays et l’Europe entière.
Les 262 mineurs qui y ont perdu la vie, dont une majorité de travailleurs italiens venus dans le cadre de l’accord charbon entre la Belgique et l’Italie, ne sont pas qu’un chiffre. Ils sont des visages, des familles, des trajectoires migratoires, des espoirs venus se heurter à la dureté du travail industriel. Cette année, nous commémorons les 70 ans de la catastrophe, et les 80 ans de l’accord Charbon.
Un devoir de mémoire
Participer au devoir de mémoire de cette catastrophe, ce n’est pas seulement commémorer un drame. C’est reconnaître qu’il a façonné notre territoire, notre identité, notre rapport au travail, à la migration, à la solidarité. Ces thématiques ne relèvent pas uniquement du passé. Elles font écho aux enjeux contemporains : les migrations économiques, la dignité au travail, la sécurité des travailleurs, la responsabilité des États et des employeurs.
C’est précisément là que nos missions rejoignent celles du Bois du Cazier. Là où il œuvre à préserver la mémoire et à transmettre l’histoire, le Quai10, par le cinéma, propose des récits, des images, des regards qui donnent chair à cette histoire.
Notre collaboration repose sur une conviction simple : la mémoire n’appartient pas uniquement aux lieux patrimoniaux, elle doit circuler, se partager, se réactiver dans d’autres espaces culturels. Le Bois du Cazier conserve, transmet et contextualise l’histoire. Le Quai10, par le cinéma, lui donne une résonance sensible et collective.
Quand la mine rencontre le cinéma
Le cinéma est un médium particulièrement puissant pour cela. Il ne se limite pas à transmettre des faits : il incarne des trajectoires humaines. Il permet de ressentir autant que de comprendre. En salle, l’expérience est collective. Elle rassemble des générations différentes, des parcours variés, autour d’une histoire commune. Après la projection, la discussion peut s’ouvrir, les points de vue se confronter, les souvenirs se partager.
C’est dans cet esprit que s’inscrit notre programmation, construite en étroite collaboration avec le Bois du Cazier et d’autres acteurs culturels du territoire.
Le mardi 10 mars à 20h, nous proposerons Germinal d’Yves Allégret, dans le cadre de « La mine fait son cinéma ». À travers cette adaptation de l’œuvre d’Émile Zola, c’est toute la condition ouvrière et la dignité des travailleurs qui sont mises en lumière. Le film rappelle que les réalités sociales liées au travail minier s’inscrivent dans une histoire longue, faite de luttes, de solidarité et de revendications.
Evénements
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La mine fait son cinéma - Germinal
Localisation : Quai10
Le mardi 16 juin à 20h, en collaboration avec le Palais des Beaux-Arts de Charleroi, nous présenterons Charbon de Manu Riche. Ce documentaire interroge l’héritage charbonnier et ses conséquences contemporaines. Il nous permet d’élargir la réflexion : comment un territoire marqué par l’extraction se réinvente-t-il ? Comment la mémoire industrielle dialogue-t-elle avec les enjeux actuels ?
Evénements
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Séance spéciale - Charbon
Localisation : Quai10
Le dimanche 4 octobre à 16h, nous diffuserons Déjà s'envole la fleur maigre de Paul Meyer, à nouveau en collaboration avec le Bois du Cazier. Ce film donne à voir l’expérience des familles italiennes en Belgique, la réalité de l’exil, de l’intégration et de la transmission culturelle. Il met en lumière les dimensions humaines et intimes d’une histoire souvent racontée à travers ses aspects économiques ou politiques.
Evénements
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La mine fait son cinéma - Déjà s’envole la fleur maigre
Localisation : Quai10
Enfin, le dimanche 25 octobre à 16h, nous proposerons Pride de Matthew Warchus. Bien qu’ancré dans un autre contexte, ce film illustre la puissance des solidarités entre mouvements sociaux. Il montre que les luttes liées au monde ouvrier dépassent les frontières et rassemblent au-delà des différences.
Evénements
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La mine fait son cinéma - Pride
Localisation : Quai10
À travers ces projections, notre ambition n’est pas simplement de programmer des films en lien avec la mine. Nous cherchons à créer des passerelles : entre patrimoine et création, entre mémoire locale et enjeux universels, entre passé et présent.
Cette collaboration affirme une vision partagée : la culture est un outil civique. Elle contribue à maintenir vivante une mémoire essentielle, tout en l’ouvrant à la réflexion contemporaine. En unissant nos forces, le Bois du Cazier, le Quai10 et nos partenaires permettent à cette histoire de continuer à circuler, à émouvoir et à questionner.