La représentation au cinéma a toujours beaucoup fait parler d’elle.

Et ce, dans le bon comme dans le mauvais sens. Il semble, cela dit, parfois impossible de satisfaire tout le monde. Mais parce que je suis plutôt de nature optimiste, j’ai aujourd’hui envie de vous parler des moments où la représentation a fait du bien. Des œuvres qui nous ont permis de nous sentir vu·es, compris·es ou simplement moins seul·es.

Récemment, je me suis sentie représentée dans le film belge Julian. C’est un véritable coup de cœur pour moi, malgré l’histoire très triste qu’il raconte.

Au centre du récit, on retrouve un couple de femmes qui projette de se marier. Mais lorsqu’un ami leur propose d’organiser le mariage en Italie, la réponse est immédiate : impossible. Leur amour n’est pas reconnu dans de nombreux pays et, dans certains, il est même illégal. Elles décident alors de se marier dans les 22 pays qui reconnaissent leur union. À l’époque, ils n’étaient que 22. Aujourd’hui, ils sont 36. Cela reste peu, mais on sent malgré tout une évolution.

Ce film met en lumière une réalité à laquelle je fais moi-même face en étant en couple avec une personne du même genre que moi.

Pouvons-nous voyager dans ce pays ? Devons-nous mentir et dire que nous sommes simplement amies ? Devons-nous cacher cette partie de nous-mêmes pour pouvoir exister ailleurs que dans le pays où nous avons eu la chance de naître ?

Même si ce sujet m’attriste profondément, je suis heureuse que des films comme celui-ci existent et mettent en lumière ces problématiques afin de sensibiliser le public à des réalités encore trop peu visibles.

Mais je ne suis évidemment pas la seule à avoir trouvé du réconfort ou de la reconnaissance à travers le cinéma et le jeu vidéo.

Mathéo, animateur à l’Espace jeu vidéo, nous a lui aussi partagé un film qui l’a marqué :

« Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au médium cinéma durant mon adolescence, le cinéma LGBT a été une de mes portes d’entrée vers un cinéma plus indépendant. À l’ouverture de cette porte, j’y ai rencontré Xavier Dolan, un cinéaste qui est encore aujourd’hui celui qui me touche le plus.

Sa manière de mettre en scène des personnages queer dans tout ce qu’ils ont de plus humain m’a permis de comprendre qu’un personnage LGBT pouvait être motivé et défini par l’ensemble de son être, et pas simplement exister pour remplir un quota.

L’œuvre qui me marque le plus à ce niveau reste Les Amours imaginaires, qui raconte l’histoire de deux ami·es tombant amoureux·ses de la même personne. Une histoire d’amour et d’amitié que je regarde encore aujourd’hui avec les yeux de l’adolescent qui a ouvert une porte qu’il n’a jamais voulu refermer. »

Loik, animateur à l’Espace jeu vidéo, apporte quant à lui un autre regard sur la question de la représentation :

« Pour faire simple, je ne me suis jamais vraiment soucié de la question de la représentation dans les œuvres.

Je suis un homme blanc et hétéro. La pop culture regorge déjà de personnages qui me ressemblent, ce n’est donc pas quelque chose qui m’a personnellement manqué.

En revanche, ce qui m’intéresse profondément, c’est la notion d’empathie. Suis-je capable de comprendre ce que ressent un personnage, peu importe son genre, son orientation sexuelle, son âge ou sa condition socio-économique ?

Le cinéma, le jeu vidéo et la littérature m’ont permis de découvrir des récits et des parcours qui ne sont pas les miens. Ils m’ont aidé à comprendre l’importance de la représentation pour les minorités qui, pendant des décennies, ne se sont pas vues à l’écran ou ailleurs.

La culture est une porte d’expression pour certain·es et une fenêtre de compréhension pour d’autres. Merci à toutes les personnes qui s’expriment et continueront à le faire. »

Mais les membres de l’équipe ne sont pas les seul·es à avoir trouvé du réconfort ou de la reconnaissance à travers le cinéma et le jeu vidéo.

Depuis une semaine, un bocal à témoignages est installé à l’accueil du Quai10 avec une question toute simple :

« Quel film ou jeu vidéo vous a permis de vous reconnaître à l’écran ? »

Et les réponses se sont accumulées au fil des jours.

Une personne nous a notamment parlé du film d’animation Pixar Alerte rouge :

« C’est la première fois que je voyais une pré-ado représentée à l’écran sans moquerie sur ses intérêts ou ses passions. Juste une fille de 13 ans qui s’amuse avec ses amies et qui est fière de ce qu’elle aime. »

Le témoignage mentionnait également la scène autour des protections hygiéniques et des règles, rarement abordée avec autant de naturel dans un film destiné à un jeune public.

Un autre témoignage parlait de Vice-versa 2 et plus particulièrement de la scène de la crise d’angoisse :

« C’est très compliqué d’expliquer ce qu’on ressent pendant une crise d’angoisse à quelqu’un qui n’en a jamais vécu. Le film a réussi à mettre ce sentiment en images et maintenant c’est plus facile à expliquer à mes proches. »

Vous avez aussi envie de témoigner autour de ce sujet ? Le bocal à témoignages restera disponible à l’accueil du cinéma tout au long du mois de juin afin de vous permettre, vous aussi, de partager votre histoire.

Alix

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