El Ser Querido ou l’affection sous tension
Après 13 ans d’absence, Esteban Martinez (Javier Bardem) réalisateur de renom revient vers sa fille pour lui proposer un rôle dans son nouveau film. Celle-ci, incarnée par Victoria Luengo, accepte, y voyant en quelque sorte une opportunité de relancer sa carrière. Ce film, réalisé par Rodrigo Sorogoyen, met en lumière une relation tumultueuse dans une quête de réconciliation.
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Comme une incise au propre film qu’il réalise, El Ser Querido (The Beloved) est une histoire d’amour, une histoire d’abandon et de trahison. D’une intensité rare ce film explore une très large palette d’émotions qui interroge l'égotisme du personnage incarné par Javier Bardem, sa place de père dans la relation avec sa fille mais aussi de la violence des rapports entre humains, des sentiments enfuis, réprimés et souvent même mal exprimés mais de l’amour qui s’y cache malgré tout.
Javier Bardem dans son jeu
Le célèbre acteur espagnol Javier Bardem incarne un cinéaste tyrannique qui reste campé sur sa propre personnalité, réalité mais avec une envie folle malgré tout de se faire aimer de sa fille.
En dépit des tensions et de l’intensité qui se dégage de cette relation, le titre El Ser Querido (The Beloved) est traduit en français par L’Être aimé ce qui renforce, prouve encore cette volonté de Rodrigo Sorogoyen de garder au centre du récit l’amour entre les deux personnes malgré l’intensité, la violence et la colère réprimée entre les deux protagonistes.
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La scène du restaurant m’a particulièrement émue aux larmes. L’intensité du regard de Javier Bardem porté à sa fille montrait un amour intense mais aussi toute la complexité voire même les paradoxes, contradictions que l’on peut ressentir en tant qu’être humain et qu’il pouvait peut-être même encore ressentir par rapport à sa fille malgré la colère qu'il peut ressentir pour lui-même ou les autres mais aussi l’envie d’être pardonné, accepté et aimé pour ce qu'il est. À la fin de séance, je peux affirmer que j'ai beaucoup aimé le film. Toutefois l’intensité des sentiments exprimés m’ont bouleversée, voire même déstabilisée.
Un geste cinématographique assumé
Côté technique, Rodrigo Sorogoyen nous montre également toutes ses aptitudes en enchaînant les changements de formats, les changements de couleurs (séquence en noir et blanc) ainsi que les plans séquences qu’il affectionne particulièrement. Les séquences en noir et blanc tantôt axées sur le père tantôt sur la fille renforcent également le propos en mettant en exergue les sentiments, émotions de chacun.
À l'heure d'écrire ces lignes, le film est en lice pour la Palme d'or au Festival de Cannes 2026. Peut-être que cette belle fresque permettra à Rodrigo Sorogoyen de remporter ce prix tant convoité. Ce serait également un chouette clin d'œil au Quai10 et à Charleroi, puisque l'Espagnol nous a fait l'honneur de sa venue au mois de décembre dernier, dans le cadre du Festival Europalia, afin de nous présenter son cinéma à travers une masterclass exclusive. Il est encore temps de la rattraper ci-dessous !
Pascaline
Stagiaire en communication