L’objet qui fait courir tout le monde… pour presque rien.

Pour certain·es, c’est la première fois que vous lisez ce mot. Pour d’autres, c’est déjà un concept culte du cinéma.

À l’occasion de la projection de Pulp Fiction lors de notre rendez-vous Magnéto, on s’est dit qu’un petit détour par les coulisses du scénario ne ferait pas de mal.

Alors, c’est quoi exactement un MacGuffin ?

Pour aller droit au but, le MacGuffin est un élément scénaristique — souvent un objet — que les personnages poursuivent, convoitent ou cherchent à protéger. Mais paradoxalement, cet objet importe peu. Ce qui compte vraiment, c’est tout ce qu’il déclenche : les actions, les tensions, les conflits.

Mais d’où vient ce concept ?

Le MacGuffin est une technique d’écriture ancienne, mais c’est Alfred Hitchcock qui lui a donné son nom.

Lors d’un entretien avec François Truffaut, le maître du suspense raconte une anecdote devenue célèbre :

Deux voyageurs discutent dans un train.
L’un demande ce que contient le paquet dans le filet à bagages.
« C’est un MacGuffin », répond l’autre.
« Qu’est-ce qu’un MacGuffin ? »
« Un appareil pour piéger les lions dans les Highlands. »
« Mais il n’y a pas de lions dans les Highlands ! »
« Alors ce n’est pas un MacGuffin. »

Tout est là : le MacGuffin n’a pas d’importance en soi.

Un procédé qu’on retrouve partout

Le MacGuffin ne se limite pas au cinéma. On le retrouve aussi dans les romans, les bandes dessinées et même les jeux vidéo. C’est avant tout un outil narratif.

Par exemple, dans les aventures de Tintin, ce procédé est omniprésent : le fétiche Arumbaya, les maquettes de La Licorne, les bijoux de la Castafiore ou encore le sceptre d’Ottokar.

Comme le résume Hitchcock :

« L’élément moteur qui apparaît dans n’importe quel scénario. Dans les histoires de voleurs, c’est presque toujours le collier ; dans les histoires d’espionnage, c’est fatalement le document. »

Dans Indiana Jones et la dernière croisade

Le Graal est l’objet central. Il pousse Indiana Jones à affronter les nazis et à sauver son père. Pourtant, ce qui compte vraiment, c’est l’aventure elle-même.

Article de blog indiana jones

Dans Pulp Fiction

La fameuse mallette.
On ne voit jamais ce qu’elle contient, seulement une lumière dorée. Elle motive les actions des personnages et alimente toutes les théories possibles. C’est un MacGuffin parfait : mystérieux, moteur… et finalement secondaire.

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Dans Psychose

Une liasse de 40 000 dollars lance l’intrigue. Mais très vite, elle devient insignifiante face au véritable cœur du récit.

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Et les faux MacGuffin ?

Attention, tout objet important n’est pas un MacGuffin.

Prenons Le Seigneur des anneaux.
L’anneau est bien le moteur de l’histoire… mais il est essentiel. Toute l’intrigue repose sur lui, du début à la fin. Il est irremplaçable, presque vivant. Ce n’est donc pas un MacGuffin.

Un vrai MacGuffin, lui, pourrait être remplacé — voire oublié — sans que cela change fondamentalement le sens du récit.

Et maintenant, ouvrez l’œil 👀

La prochaine fois que vous regarderez un film, posez-vous la question : cet objet est-il vraiment important… ou est-ce juste un prétexte ?

Et si vous voulez voir l’un des MacGuffin les plus iconiques du cinéma sur grand écran, on vous donne rendez-vous pourPulp Fiction lors de Magnéto.

Evénements

Et vous, vous avez des exemples de MacGuffin en tête ? 🎬

Alix Lorsignol

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