Ce n'est pas une fatalité
Le cinéma nous fait vivre toutes sortes d’émotions.
On y va pour s’échapper, vivre de nouvelles aventures, découvrir de nouveaux héros et héroïnes ou observer le monde à travers les yeux d’une multitude de personnages et de vécus.
En juin, on vous parlait de l’importance de se voir représenté·e au cinéma. Mais tout le monde n’a pas cette chance, car certaines minorités restent encore sous-représentées sur grand écran. Et lorsqu’elles le sont, c’est parfois à travers des drames, des histoires difficiles ou des récits qui laissent peu de place à l’espoir.
Mais ici, ce n’est pas le cas.
Films
Dans Jimpa, on rencontre Jim, père et grand-père, un homme gay qui vit librement à Amsterdam. Il a construit sa vie dans cette ville bien plus accueillante qu’Adélaïde, en Australie, d’où il vient. Pour cela, il a laissé derrière lui sa femme et ses deux filles.
Et pourtant, dans un schéma qui pourrait facilement devenir accusateur et dramatique, le film choisit une approche plus optimiste et lumineuse, avec une véritable compréhension entre les personnages et très peu de rancœur.
Quand Hannah rend visite à son père à Amsterdam, accompagnée de son enfant, Frances, elle est réticente à l’idée de voir Frances trop s’attacher à son Jimpa — grand-père Jim — de peur que son enfant soit, à son tour, blessé·e par les actes de Jim.
Mais ce voyage est surtout une chance pour Frances de découvrir qui iel est et d’explorer son identité de genre et son orientation sexuelle dans une ville plus ouverte d’esprit.
Les attentes, les questionnements et les sentiments des trois personnages sont explorés sans jamais rendre ce portrait familial plus dramatique qu’il ne doit l’être. Certes, il y a des scènes tristes, et j’ai moi-même lâché une petite larme. Mais, pour une fois, il n’y a pas de fatalité.
Pour une fois, un film aborde l’orientation sexuelle et l’identité de genre sans forcément en faire un drame tire-larmes dans lequel les personnages sont condamnés à être malheureux·ses.
Jimpa apporte une véritable bouffée d’air frais. Le film n’évite pas les problèmes familiaux, les blessures du passé ou les désaccords, mais il laisse surtout une grande place à l’espoir, à la joie et à la possibilité de se comprendre.
J’avoue avoir d’autant plus adoré le film qu’il se déroule dans l’une de mes villes préférées : Amsterdam.
Voir les personnages évoluer dans ses rues et ses décors m’a donné encore plus envie de déménager là-bas !
Au casting, on retrouve Olivia Colman qui, comme à son habitude, livre une performance particulièrement touchante. Face à elle, dans le rôle de son père, John Lithgow nous fait rire, nous met en colère et finit par nous faire verser une larme avec le sourire en coin.
Et la révélation, c’est Aud Mason-Hyde, qui interprète Frances. Sa performance face à Olivia Colman et John Lithgow est totalement à la hauteur, et j’ai hâte de le·la découvrir dans d’autres projets.
En conclusion, Jimpa est un film qui nous fait passer par toutes sortes d’émotions. Il parle d’identité de genre et d’orientation sexuelle sans faire de ces sujets une fatalité pour ses personnages.
Et ça, c’est particulièrement rafraîchissant.
Alix Lorsignol
Community Manager